Histoire de Rosace De Lancourt

Histoire de Rosace De Lancourt
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11 Septembre 1960.
Le cri raisonnait sans fin dans les couloirs, personne ne semblait l'entendre. L'accouchement était dur, et elle n'en pouvait plus. Quand cette douleur prendrait-elle fin ? Devrait-elle donner sa vie au profit d'une autre, alors qu'elle ne l'avait pas réclamée ?
C'était un peu ça, oui.
Quelques heures après, lorsque la mère de la femme-enfant entra dans la petite mansarde qui servait de chambre à sa fille, elle cria également. C'était autant la fin que le début de tout. Et l'enfant qui tentait de prendre de l'air dans ses poumons n'aurait jamais de père et jamais de mère.


8 ans plus tard.
Bien sûr, que n'aurait-elle donné pour que tout soi différent ? N'importe qui aurait agit comme elle. N'importe qui aurait voulu s'échapper de tout cela. Triste fait qu'elle n'était pas n'importe qui.
Ainsi donc, à chaque pas esquissés dans la rue, la douleur revenait, plus vive et brûlante que le précédent. Elle était seule. Elle était l'Orpheline. Une sorte de bâtarde que personne n'aimerait voir traîner dans son quartier. Et les enfants ? Ah, eux... Bien encore moins que cela.
Ils étaient durs, bien que pas aussi durs que les adultes. Eux ne savaient pas la réalité. Les adultes, eux... Vous savez, les commérages sortant des Messes étaient toujours d'actualité à cette époque là.
Sa mère était morte en lui donnant la vie alors qu'elle-même n'avait que 14 printemps. L'Orpheline qui ne connaîtrait jamais le visage de ses parents était le résultat d'un viol, et tout le monde le savait.
Elle aussi, elle avait finit par le comprendre. Comprendre que jamais elle ne serait acceptée. Car comme bien souvent dans ce temps là, l'histoire des gens jouait beaucoup. Et lorsqu'on était incapable même de dire le nom de ses parents, et même son nom de famille, les soupçons pesaient directement.
Elle n'avait rien à envier aux autres enfants non plus, toutefois. Après tout, elle pouvait faire ce qu'elle désirait lorsqu'elle le désirait. Quoi d'étonnant ? Ses grands parents se souciaient à peine d'elle. Et d'ailleurs, c'est à peine si ils se rappelaient qu'elle existait.
Beaucoup auraient dis qu'elle était à plaindre, alors. A l'âge qu'elle avait, elle était plutôt contente. Mais ne l'aurait-elle pas été plus si, avec un peu de chance, d'autres enfants avaient acceptés sa compagnie ?
Car traîner seule, le soir, dans les rues... Elle ne faisait que recueillir une plus mauvaise réputation aux yeux des gens que celle qu'elle avait d'habitude. Elle avait tout, mais tout n'était rien.
Et c'est à peine si elle avait des rêves...
D'un regard à un autre, tout était désert cette nuit-là. Peut-être aussi désert que son c½ur. Peut-être... Pas de chats, pas de chiens. Pas de cris sortant des maisons, ni même de rires.
Comme si tout était mort avec elle. Mais elle n'était pas morte, non. Il n'y avait que son esprit dans cet état en ce jour. Un jour bien douloureux en soit, tant les autres avaient décidés de la faire souffrir. Toujours les mêmes paroles, les mêmes railleries.
Que pouvait-il y avoir de différent aujourd'hui ?

- Pourquoi es-tu seule ?

Oui, pourquoi l'était-elle ? Qu'avait-elle fait pour que tous l'évitent, à part être née sous de mauvais auspices ? L'enfant qui l'avait interpellée avec cette question avait mis son doigt sur une énigme. Non pas que son but était d'aider Rosace, loin de là. Mais mystérieusement, il avait réveillé en elle quelque chose qui s'était caché bien longtemps auparavant. Elle avait des grands parents. Eux-mêmes la laissaient seule.
Alors quoi ?
Eux auraient dut au moins prendre soin d'elle. Ne pas l'ignorer, reporter leur amour sur son petit corps trop fragile. Et quelle fragilité, puisque la maladie la dévorait... La tuberculose, quelque chose dans ce goût-là. Peu importait, cette chose la tuerait un jour.
Sa mère était morte, sa grand-mère l'avait trouvée. Les avait trouvées. Et elle avait décidé de s'occuper de ce bébé, après avoir offert de dignes funérailles à sa fille unique. Avait-elle seulement oublié le but qu'elle s'était offert ?
Lorsqu'elle poussa la porte, la jolie enfant aux cheveux d'or se posait toujours les mêmes questions. Et elles redoublèrent lorsqu'elle entra au salon sans que personne ne la remarque.
Pas de regards, pas de sourires, même pas un geste qui pourrait lui faire espérer. Sa grand-mère était occupée à sa couture et son grand père, bah ! Occupé à lire son journal.
Pendant un long moment, elle les regarda tour à tour. Elle espérait, elle voulait ardemment qu'ils la regardent. Qu'ils voient qu'elle était là, elle. Bien vivante. Mais aucun visage ne se leva vers elle.

- Qui est mon père ?

Tout autant que l'aurait fait un ressort, alors, les deux têtes se levèrent en même temps de leur ouvrage. C'était probablement la seule chose qui puisse les faire réagir. Le passé.
Ils échangèrent un regard lourd de sens. Comme si depuis longtemps, ils lui cachaient quelque chose. Et c'était le cas, au fond. Mais comment auraient-ils put admettre cela à cette enfant innocente, tout en lui disant mensongèrement que c'était pour son bien ?
Gênés, ils rebaissèrent les yeux. Oh non, pour une fois ils n'abandonnaient pas la question. Ils ne savaient juste plus ou se mettre, ou se placer après toutes ces années. Des années qui avaient été douloureuses pour tous, en fin de compte.
Et comme le son salvateur des harpes des Anges, le vieux téléphone sonna. Tous sursautèrent, sauf la petite. Sa grand-mère se leva, alla décrocher le combiné, écouta. Et son visage s'assombrit. Si sombre que l'on aurait put croire qu'elle allait mourir par manque d'oxygène.

- Nous venons.

Ils venaient ? Venaient ou ? Sa grand-mère raccrocha et se retourna vers son grand père. Et bientôt, entre eux s'échangèrent des mots dits à une telle vitesse que l'enfant n'y compris rien.
Finalement, ils se retournèrent vers elle et secouèrent la tête à l'unisson. Ainsi, elle devrait rester seule à la maison cette nuit. Et si elle avait sut...


6 ans plus tard.
Rosace fixait son reflet dans le miroir. Elle ne savait pas. Toujours pas. Toujours rien. Et elle ne risquait pas d'en apprendre plus, bien que son véritable nom de famille lui ait été offert en guise de cadeau.
Un cadeau morbide, car il lui fut annoncé le jour de la mort de son grand père, qui avait survécut à sa grand-mère.
Et depuis ce jour, ou était-elle ? Chez des inconnus qui ne prêtaient pas plus attention à elle que la famille qu'elle avait crut posséder à une époque. Une famille qui avait été pleine de secrets qu'à présent elle ne pouvait plus révéler.
Puis un visage se dessina derrière son épaule. Elle en regardait les contours sans les voir, et ignorait si la voix qui les accompagnait allait s'élever. Ainsi donc, ce fut elle qui débuta.

- Monsieur désire-t-il quelque chose ?

Il hocha lentement la tête, la faisant se retourner. Ses doigts fins perdus dans ses cheveux, elle fronça les sourcils. Que de mystère également en ce lieu. Depuis quelques mois, pourtant, d'étranges choses se passaient.
Plus de coups de fils qu'à l'accoutumée, une ambiance fébrile de toute la famille. Rien à ce dont elle était habituée, puisque tous étaient sérieux, froids et renfermés d'habitude. Ces derniers temps, ils étaient... Peureux. Hésitants, comme si le diable les poursuivait pour leur rappeler qu'à leur mort, l'enfer les accueillerait.
Triste sort pour eux tant cette famille était pieuse.

- Quelqu'un est au téléphone.
- Et... ?
- Pour toi.

Cette fois, ces sourcils se haussèrent plus qu'ils ne se froncèrent. Jamais personne n'avait téléphoné pour elle. Et probablement cet appel n'était-il qu'une erreur. Mais avait-elle le droit de l'ignorer pour autant ?
Se levant d'une grâce toute féminine, elle hocha distraitement la tête, déjà replongée dans le méandre de ses pensées. Elle répondrait, ferait bien comprendre que la personne se trompait de connaissance. Evidement, elle ne pouvait pas faire autre chose... Car telle était la vérité. Ce ne devait pas être pour elle mais pour quelqu'un portant le même nom, voir le même prénom qu'elle.
D'autant plus qu'elle n'avait toujours pas d'amis, et qu'elle n'en désirait plus depuis longtemps. Sa 'nouvelle' famille la remarquait à peine comme l'une d'entre eux. Ainsi donc, ces deux possibilités étaient à exclure.
Puis sa main se porta sur ce petit combiné d'un noir glacé, et cette main le porta à son oreille. Une voix d'homme raisonna au bout, demandant Mademoiselle De Lancourt. Pouvait-elle dire que ce n'était pas elle ?
Ainsi, elle écouta. Tout, jusqu'au bout, sans prononcé une seule parole. Et c'est dans ce silence que son corps s'écroula, la fièvre s'emparant d'elle alors même que la voix raisonnait encore à ses oreilles.
C'était son père. Son père qui était enfermé à l'asile. Et qui n'avait plus qu'elle comme dernier recourt.


5 ans plus tard.
Elle regarda lentement autour d'elle. Etait-elle seulement prête pour cela ? Elle ne savait plus vraiment quoi penser. Elle avait consacré ces dernières années dans l'étude de la psychologie, et voila qu'elle était prise comme assistante à l'endroit où elle redoutait le plus d'aller ;
L'Asile des Rossignols.
Il était là, et elle allait probablement le voir. Il n'avait pas été interné pour rien, non... Viols, meurtres, ce genre de choses. Choses qu'il disait avoir commis à l'écoute d'une voix intérieure.
Oui, elle allait le voir. Ce n'était même pas probable, mais certain. Il était fou, elle était là pour l'écouter, tenter d'arranger les choses. Et quand elles seraient arrangées ? Devrait-elle lui permettre de courir à nouveau dans les rues ?
Même si c'était son père, même si elle était incertaine... Devrait-elle un jour faire cela ? Serait-elle influencée par le fait qu'il était son géniteur ? Mais peu importait. Le moment n'était pas encore venu.
Lorsqu'elle eut prit une profonde respiration, sa main se porta d'elle-même à la clinche de la porte. Voila ou commençait donc son parcourt professionnel...


3 ans plus tard.
Trois ans, et elle avait réussi à éviter cette rencontre. Devait-elle s'en réjouir ou devait-elle en pleurer ? En tout cas, cet après-midi, tout allait changer. Respirant autant qu'elle le pouvait, sans pour autant avoir l'impression qu'elle avait suffisamment d'air, elle poussa la porte du bureau qu'elle partageait avec le psychologue officiel des lieux.
Et son regard tomba aussitôt sur lui.
Sale, maigre, à l'apparence autant chétive que maladive, tout en lui semblait sombre et écoeurant. Ses grands yeux d'un noir corbeau et malsain la fixaient, un sourire torve rendait son visage plus fou qu'il ne l'était déjà.
Elle crut que la foudre allait s'abattre sur elle. Mais rien ne vint.
Le plus posément qu'elle le pouvait malgré ses mains tremblantes sur le dossier qu'elle tenait serré contre elle, elle s'approcha du bureau. Tendit la main. Il la serra et, mal à l'aise, elle rompit rapidement ce contact pour aller s'asseoir à sa place, jetant un regard tendu et lourd de reproche à son chef de service.

- Monsieur De Lancourt, je vous présente votre fille... Rosace.

Il la regarda très longtemps. Comme si elle était tout droit sortie d'un rêve. Comme si elle lui rappelait quelqu'un d'autre, une personne à qui il aurait fait du mal. Et son sourire malsain revint. Comme si derrière ses prunelles sombres se préparait déjà un noir dessein.
Et au fond, c'était un peu ça. Comment la vie aurait-elle put rester longtemps clémente envers Rosace ? Elle était restée trop longtemps tranquille.

- Je sais. Je me souviens bien de sa mère. Jolie enfant... Tu es devenue aussi jolie qu'elle. Dommage que tu sois de mon sang.

Un horrible frisson de dégoût remonta le long de la colonne vertébrale de la jeune fille. Elle baissa les yeux, ses poings se serrèrent de rage.

- Mais je t'attendais. Je vais pouvoir rattraper le temps perdu...

Sa voix n'était rien d'autre qu'un sifflement mauvais. Mais elle avait suffit à effrayer la pauvre jeune femme. Elle releva des yeux brillants déjà de ses futures larmes puis elle secoua la tête dans une attitude désespérée en regardant son collègue.

- Bien. C'était la seule chose... Mademoiselle De Lancourt, pourriez-vous aller me chercher un café avant que nous ne commencions ?

Elle hocha brusquement la tête et se releva d'un geste un peu trop rapide à son goût. Elle ne devait pas lui faire sentir à quel point elle avait peur. Car c'était le seul mot qui définissait son état actuel...
D'un pas rapide, elle sortit de la pièce. Elle avait crut en avoir finit à ce moment. Et pourtant, tout ne faisait que commencer.


Cette nuit-là.
Un chuchotement derrière la porte l'avait réveillée. Elle partageait, comme eux tous, une petite chambre dans les dortoirs. Un lit sommaire mais toutefois confortable, une commode, une petite table et deux chaises. Le strict minimum, alors que les douches étaient au bout du couloir. Douches communes, évidement.
Mais là n'était pas l'intérêt. Non, l'intérêt était plutôt... Dans les étranges grattements à sa porte ainsi que les gémissements qui les suivaient.
Mais peut-être étais-ce son imagination ? Après tout, à force de fréquenter tout ces gens aux tourments plus prononcés que les autres, il arrivait d'en rêver...
Voila, c'était cela ! Un rêve !

- Je suis venu...

Autant qu'elle venait de se recoucher que la voila qui était de nouveau redressée, tout ses sens en alertes. Plus de grattements, plus de gémissements. Mais le chuchotement, lui, perdurait.
La voix qui l'émettait semblait rauque et masculine, et pas très loin. Peut-être dans le seul coin plongé dans la totale obscurité qui lui faisait face ? Mais non...
Non, ce n'était pas possible. Une illusion, un rêve. Où plutôt un cauchemar, cela était plus exact.
Lentement, sans être rassurée pour autant, elle reposa son visage contre l'oreiller doux et blanc. Elle ne pouvait fermer les yeux, mais elle se devait de garder son sang froid. Sans cela, comment ferait-elle pour vivre une vie normale ?
Il ne fallait pas qu'elle se laisse envahir par toutes ces illusions... Faites... Juste pour l'inquiéter...

- Tu m'entends, hein... Et tu l'entends aussi...

Un hurlement suivit, hurlement féminin. Pas le sien. Il lui glaça le sang, des pieds à la tête. Rester calme, il le fallait. Elle n'avait pas le choix. Encore un cauchemar lié à sa naissance. A son sang. C'était tout. Simplement ça, pas de quoi s'inquiéter.
Puis soudainement, il tomba sur elle comme une araignée attrape sa proie. Une main sur sa bouche, elle ne pouvait plus crier. Seulement des gémissements étouffés. Et son sourire aux dents noires, ses yeux de fous fixés sur elle.

- Bonjour, ma petite... Tu veux que papa te raconte une histoire ?

Et cette nuit-là, en effet, il lui en conta une. La plus horrible de toutes. Celle d'une fille encore enfant qu'il avait croisé. Puis celle d'une femme qui était sa fille. Et l'histoire devint réalité, car il mêla les deux. L'horreur de la première au délice que lui conférait la seconde.
Le lendemain, le corps meurtris de la jeune femme fut retrouvé. Le violeur, perdu de vue. L'un des internés également.
Elle fut transférée d'urgence dans le meilleur hôpital du tout Paris pour une commotion cérébrale. Il fut dur de la faire accepter, et l'opération fut éprouvante. Mais, le sang s'étant trop répandu, sans pour autant lui offrir la mort... Elle plongea dans un coma très profond. Le stade trois. Sans personne pour la pleurer ou pour la veiller.
C'était en Octobre. Elle venait d'avoir 23 ans.
Et elle venait d'être détruite, autant de corps que d'âme.


Hollow Dream.
Il faisait froid. Si froid que si il en avait été autrement, elle serait probablement morte gelée. Mais le destin en décidait encore autrement, et elle se devait de supporter la douleur qui éclatait dans son ventre alors que ses yeux revisitaient le ciel d'un blanc neigeux.
Et la neige, tout autour d'elle... Aucun bruit, juste le souffle du vent. Rien de rassurant. Rien pour l'espionner. Les larmes pleurèrent pour la première fois de toute sa vie, ce jour là.
Et pourtant, elle ne savait pas encore tout.

- Bonjour ! Madame, pourquoi tu pleures ?

Sursautant, elle c'était redressée, refermant l'un de ses bras sur son ventre. Protectrice, peureuse. Et pourtant, son regard se posa juste sur une enfant. Une petite fille de pas plus de 9 ans aux grands yeux bleus.
Que faisait-elle là ? Oh, comme elle lui rappelait sa tendre enfance ou aucune douleur ne semblait encore réellement la détruire...

- Il fait froid...
- Ah oui ! C'est vrai ça ! J'avais oublié... Dis, tu viens d'arriver ?
- Je... Je ne sais pas. Que veux-tu dire par là ?
- Tu viens de plonger dans le coma, hein ?

La réflexion frappa aussitôt la jeune femme jusqu'au fin fond de son âme. Elle regarda autour d'elle, plus rapidement qu'avant. Les arbres étaient nus, tordus, couvert d'un doux linceul blanc. Il n'y avait rien à l'horizon. Juste la fin de tout.

- Je ne... Suis pas dans le coma.
- Bien sûr que si ! Tu n'as pas le choix. Sans coma, tu ne serais pas ici. Alors, comment tu t'appelles ? Tu étais quoi ? Comment tu es arrivée ? Tu sais que tu pleures toujours ? Tu veux que je t'emmène à Hollow Dream ? Ce serait bien pour te réchauffer. Et puis, tu n'es pas très très habillée hein. Et tu as quel âge ? Ma maman, elle dit toujours que je ne dois pas demander leur âge aux gens. Mais j'aimerais bien savoir. Et puis, maman n'est plus là. Je crois qu'elle attend que je me réveille, mais je crois que quand le train a croisé l'autre de face, ça a été plus douloureux que prévu. Mais je ne vais pas baisser les bras ! Je veux revoir un jour ma maman et je crois que jamais les om...
- Tais-toi !
- Mais...
- Je t'en supplie, tais-toi !

Et ses pleurs redoublèrent. Elle ne comprenait pas. Et elle mit du temps à comprendre. Hollow Dream, les ombres, le coma... Et voila qu'une psychologue ne comprenait plus rien à ce qu'il se passait autour d'elle, dans un monde inconscient. Et encore moins dans son propre monde.
Elle mit du temps, ça oui... Peut-être même un peu trop. Tout autant que son c½ur retrouvait un beau de douceur auprès de cette enfant qui parlait trop, autant que dans la réalité, son destin était déjà tissé...


Le débranchement.
- Tu as de beaux cheveux !
- Les même que toi !
- Si seulement...

Le rire de la fillette raisonna alors qu'elles s'avançaient toutes deux sous la neige dans cette fin de journée. Rosace la regarda en coin, esquissa un petit sourire. Mais tellement petit... Qu'on aurait put croire à une simple illusion. Une semaine qu'elle était ici, et lentement elle retrouvait le goût de vivre.
Si tant est que l'on puisse appeler vivre ce coma. Lentement, elle passa sa main dans ses longs cheveux aux éclats d'or, levant la tête vers le ciel.

- Il se passe quelque chose, en haut.
- Tu vas te réveiller ?
- Je ne sais pas...

Autant elle espérait, autant n'était-elle pas sûre que ce fût le bon choix. Mais était-ce cela ? Allait-elle réellement se réveiller ? Puis soudain, quelque chose se réveilla en elle-même. Quelque chose bougea, sembla l'entraîner vers le ciel.

Citation:
La patiente n°1235 – Rosace De Lancourt – s'est réveillée un court instant. Par une opération déroulée l'heure précédente, nous avons extrait de son ventre un embryon, résultat du viol qui a entraîné la commotion. Nous pensons que cette réaction n'était que celle du corps, et non de l'esprit. Mais il est trop tard pour le vérifier.


- Rosace !

Elle avait tourné ses yeux d'un brun doré sur l'enfant, un sourire délicat s'était formé sur son visage. Puis, sur une dernière larme, le cri de la petite fut poussé. Avant que cette larme ait finit de couler, elle se figea en glace. Tout autant que le sang.
Le sang qui colorait à présent la neige blanche.
Un vide absolu la remplissait. De haine, de tristesse, de douleur. Elle ne pouvait plus pleurer, mais comme elle l'aurait voulu. C'est avec cette envie irrépressible de faire peur à cette enfant et de la voir mourir, tout comme tous les enfants d'Hollow Dream, au moment ou bien d'autres subirent la même chose de par le Grand Débranchement dont elle ignorait tout, que Rosace devint une ombre...
L'une des plus sombres de par sa tristesse...


Vincent.
Longtemps, elle avait erré. Elle ignorait ou aller. Et elle savait qu'elle ne devait plus les croiser, les quelques compagnons d'infortunes qu'elle avait rencontré au village.
Alors... Où ?
Bien sûr, elle savait ce qu'elle était devenue. Elle s'en rendait compte, ou du moins, en grande partie. Et elle savait également qu'elle n'était pas la seule. Elle était le fâcheux résultat d'une mort physique... Pourtant, elle s'était sentie si bien avant que cela arrive...
Ainsi donc, malgré l'espoir, elle avait changé. Comment ? Pourquoi ? L'avait-on tuée ? Elle ne voyait pas où elle avait faillit... Et elle ne voyait pas non plus ou ses pas la menaient alors qu'elle avançait vers le lieu ou tout changerait encore.

- Il faut tous vous rassembler. Derrière moi.

Voila ce que disait la voix au fond de sa tête. Voila ce que disait une voix loin et pourtant si proche d'elle. Mais depuis combien de temps l'écoutait-elle ? Car ce n'était pas un jour, ni des jours qu'elle errait. Cela faisait des semaines, voir même des mois.
Des choses avaient changés autour d'elle, et elle ne s'en rendait pas compte. Ainsi, lorsqu'elle le vit, elle ne comprit pas tout. Il ne parlait pas, ou si peu. Il était séduisant, mais repoussant.
Un ange des ténèbres. Une ombre, un fantôme. Il existait sans exister. Et elle ressentait que c'était lui qu'elle aurait dut chercher, dès le début. Mais avait-il était là, à ce fameux début ? Elle n'aurait put le dire.
C'est en l'approchant, en le découvrant, en étant l'une des plus vieilles et des plus raisonnable, qu'elle devint ce qu'elle est aujourd'hui, trente ans après. Une ombre, mais pas n'importe laquelle. Une espionne, une de celles qui se doit d'être présente en tout et pour tout...
Comme un rappel à sa vie oubliée à présent...


[Tout droit d'auteur réservés à Bubble Ice (T.J.)]
[Thème du personnage : Zachem Ya (t.A.T.u.)]

# Enviado el jueves 09 de noviembre de 2006 08:04

Lettre à la mort

Lettre à la mort
-
Chers esprits en perdition,


Je ne vous demande rien, même pas un peu de compréhension. Ce soir, je crois que la fin est arrivée. J'en vois le bout, mais je ne peux pourtant pas dire que je m'en sens soulagée. Au fur et à mesure des jours, mon âme s'est détachée de moi. Par de petits gestes, des prises de conscience, des simples discutions. Je l'ai perdue sans m'en rendre compte tant tout cela était évolutif et lent.
J'ai cru, il y a peu, que je l'avais retrouvée. Je me sentais bien et en paix, j'avais enfin trouvé des personnes comme moi, des rêves qui devenaient des buts que je voulais à tout prix atteindre. Un certain équilibre dans la tombe qu'était devenue ma vie. Mais je me suis trompée encore une fois le jour ou j'ai cru cela. Je me suis même trompée pour la dernière fois.
Pour dire la vérité, cette paix salvatrice que je croyais avoir atteint, ce n'était que le dernier morceau d'esprit qui me restait qui s'envolait. Aujourd'hui, je n'ai plus rien. Plus rien, et pourtant mes mots glissent sur le papier comme si j'avais fais cela toute ma vie. Dans le seul but de vous prévenir et de vous mettre en garde.
En garde contre moi-même.
Evitez-moi, blasphémez mon nom, hurlez mes défauts.
Mais surtout, ne me prenez pas en pitié, ne me plaignez pas. Ne me félicitez pas non plus, et ne me souhaitez pas bon courage. Je n'ai pas besoin de cela. Je n'ai même plus besoin de vos regards ; Pensez à moi comme si je ne faisais déjà plus partie des vôtres.
Je ne suis pas une muse, je ne suis pas une surdouée. Je ne suis pas un rêve, je ne suis pas un démon. Je ne suis pas un ange, je ne suis pas là.
La seule vérité que je puis énoncer ce soir, c'est que vous n'avez pas besoin de moi. Et surtout, que je ne cause que des problèmes. Colérique, déprimée, j'ai été ce qu'on appelle une Dame Blanche des temps modernes. Chose triste à rajouter, je n'ai pas été capable d'aller jusqu'au bout des rêves que je croyais pourtant être capable d'atteindre.
Je n'ai jamais choisis la facilité. Et une fois encore, ce n'est pas la facilité que j'énonce sur ce papier. Oubliez-moi, car mes lèvres sont maintenant cousues. Oubliez-moi, car mon enveloppe charnelle est invisible. Oubliez-moi, car mes yeux ne savent plus voir. Oubliez-moi, ou maltraitez-moi.
Mais je ne veux plus croire en quelque chose qui s'effondrera encore et encore, comme un vulgaire château de carte. Je ne veux plus savoir qui vous êtes, pas tant que je ne saurais pas qui je suis moi-même.
Oubliez tout ce que vous croyez savoir.
Ce soir, j'ai été plus cruelle envers moi que les doux moments ou la lame glissait sur ma peau.
J'ai décidé de disparaître.
Je n'ai plus d'esprit, plus d'âme, plus de corps.
Je serais muette, aveugle et sourde.
Je serais une décoration, un simple visage qui passera devant vous et que vous oublierez dans la seconde suivante.
Je serais un fantôme.


xxx

# Enviado el martes 07 de noviembre de 2006 12:02

Rêves d'enfant

Rêves d'enfant
-
Et de rêves oubliés
Me voici la victime
M'aurait-on abandonnée
Poupée en vitrine

Et j'ai cru m'envoler
Aux regards que l'enfant
Lançait émerveillés
Sous les jours d'avant

Et mes larmes ont coulés
En arc-en-ciel sans fin
Que le dessinateur a décoloré
Sous mon oeil enfantin

Et faites de porcelaine
Fragile petite fille
J'ai vécus en tant que reine
A laquelle tu as ôté la vie

# Enviado el lunes 06 de noviembre de 2006 13:03

Goutte à goutte

Goutte à goutte
-
Et ce soir, j'entends la lame crisser
Et mon sang qui se laisse glisser
Goutte à goutte j'ai expérimenté
La douleur hors de mes pages oubliées

Et ce soir, je sens la blessure
Avec une nouvelle cassure
J'ai fais tant de belles enjolivures
Qu'aujourd'hui je dois laisser une rature

Et ce soir, j'ai fais un beau dessin
Personne n'a crut que c'était mon destin
Je n'ai de cesse de répéter ce refrain
Je crois que je ne me lèverais pas demain matin

Et ce soir, j'aimerais que tu me regardes
Car c'est pour toi que j'ai fais par mégarde
Une erreur pour briser ma sauvegarde
A tes yeux, je ne suis qu'une bâtarde

Et ce soir, je saigne comme je pleurs
Je crois avoir atteint le bout du labeur
En écorchant mon joli bonheur
Juste pour t'offrir un triste malheur

Et ce soir, dans la nuit il n'y a plus de phare
J'y suis allée un peu à la barbare
Dis moi papa, voudrais-tu savoir
Que ce soir, il est trop tard ?
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# Enviado el lunes 23 de octubre de 2006 15:37

Dernière Danse

Dernière Danse
-
J'avance dans un cimetière
Qui me paraît imaginaire
Je cherche ton esprit errant
Entourée de tout mes enfants

Je suis lente, ma robe flotte
Telle une brume de la flotte
Fantôme qui s'est écrasée
Contre les cruels rochers

Il paraît que je suis cruelle
Mais beaucoup trop belle
Pour que les pas que je vous propose
Se perde en veine prose

Les poètes m'utilisent comme Muse
Pauvre petit, que cela amuse
Je les tente dans la froideur de la nuit
A venir me rejoindre tous ici

J'effraye certain, de venir trop tôt
De dresser même trop haut ma faux
Mais je choisis l'heure et le moment
Je suis la Fatale, vous tous mes amants

Des jouets entre mes mains, je fais ce que je veux
De vous, de votre esprit, voir même de vos aveux
Ne tentez pas de m'échapper, ce serait une erreur
Car la Mort arrive toujours à la bonne heure

Je suis Femme, veuve noire de vos âmes
Celle qui trône face au squelette qui rame
Sur le long et éternel fleuve des enfers
Mes envies et vos peurs vont de pairs

Je vous propose une petite danse entre ces tombes
Ne refusez pas, et venez, pauvres mortels, vous fondre
Entre mes bras généreux, et mes paroles doucereuses
Vous verrez que vos idées seront moins peureuses

Vous vous tendrez vers mon corps
Sachez pourtant que vous aurez tord
Mais il sera trop tard que pour vous en rendre compte
Car vous aurez rejoins squelettes, esprits et tombes...

Depuis une éternité.

# Enviado el domingo 24 de septiembre de 2006 06:36